Un monument historique classé

À l’origine la Maison possédait deux étages.

En 1852, un incendie a détruit le deuxième étage de la maison  qui fut réparé, avec un seul étage impliquant une modification de la structure de charpente.

Le quartier du « vieux Bourbon » n’a pas toujours été dans l’état très soigné dans lequel nous le voyons aujourd’hui. Il s’agit d’un effort de restauration poursuivi depuis 1932.

La maison est souvent appelée par les Bourbonniens Maison de Bois ainsi que par la famille propriétaire. Si elle est encore là, c’est grâce au Maire le Docteur Pain et au Touring-Club* qui ont demandé son classement aux Monuments Historiques, pour éviter son démantèlement et permettre sa sauvegarde. En effet, un antiquaire de St Ouen désirait l’acquérir pour la revendre à des Américains. Pratique courante à cette époque, les Américains s’estimant en manque de patrimoine ancien, achetaient des bâtiments de la vieille Europe afin de les démonter et les reconstruire chez eux.

* Touring -Club (1890-1983) : Association qui avait pour but « le développement du tourisme sous toutes ses formes [] par la conservation de tout ce qui constitue l’intérêt pittoresque ou artistique des voyages ».

Elle fut classée Monument Historique le 20 avril 1921, par la Commission Nationale des Monuments Historiques, sous l’intitulé Maison dite Maison Sévigné.

« Un Monument Historique est, en France, un monument recevant, par arrêté ministériel, un statut juridique destiné à le protéger, du fait de son intérêt historique, artistique ou architectural. Un monument classé est reconnue présenter un intérêt à l’échelle de la Nation et qui constitue ainsi le plus haut niveau de protection. »

Le Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux Arts alerte les propriétaires de la Maison Sévigné sur l’état sanitaire inquiétant de l’édifice, et demande à un architecte des Monuments Historiques d’établir la programmation de travaux de consolidation pour éviter sa ruine. Dans son rapport de décembre 1922, l’architecte à même noté « pourrie à divers endroits ».

Avant son classement en 1921- les tuiles tombent du toit et la maison voisine n’a pas encore été détruite.
Les Bourbonniens l’appelle par dérision l’hôtel du pou volant !

Des travaux de restauration de la couverture sont alors financés par les Beaux Arts accompagnés de la Mairie et du Touring-Club, la propriétaire désargentée paie sa quote-part en hébergeant des indigents qui vont payer leur 14 sous la nuit à la Mairie. Peu de temps après la Maison voisine est démontée ce qui va causer des dégâts collatéraux, la Maison Sévigné penche de 45 cm sur la rue.

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En août 1921, « un incendie partant d’une boulangerie ravage le pâté de maison avant le beffroi (actuellement Place du marché) car on met la priorité sur la protection du Beffroi, et de La Maison  Sévigné ». Cette phrase issue de documents d’archives montre la reconnaissance de l’importance de ce patrimoine historique de Bourbon Lancy depuis des années.

En 1932, #Gabriel Cimetière (1913-1999) incita son père Henri à acheter cette maison dont il est « tombé amoureux » à l’âge de 7 ans !

Dès son acquisition, Henri Cimetière, qui est entrepreneur en bâtiment, réalise les importants travaux de consolidation du bâtiment, accompagné de son fils Gabriel, ouvrier dans l’entreprise familiale. Grâce à des tirants la maison ne penche plus que de 15 cm. Ils restaurent également les façades dans les règles de l’art.

Gabriel Cimetière poursuit avec passion les travaux de la maison Sévigné. Plus artiste, il dessine, puis restaure la porte d’entrée de la maison, menuiseries, fenêtres et certaines sculptures.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Isabelle Cimetière, sa fille, d’assumer la responsabilité de la sauvegarde de cette maison, classée Monument Historique, transmise jusqu’à nous grâce aux efforts de la famille.